Comment utiliser un « Menace Arm » en toute sécurité pour les prises de vue en plongée

Comment utiliser un « Menace Arm » en toute sécurité pour les prises de vue en plongée

Un « menace arm » permet de placer une caméra, une lampe ou un petit accessoire là où un pied ne peut tout simplement pas aller : au-dessus d'une table, dans l'habitacle exigu d'une voiture, ou juste au-dessus d'un artiste sans que ses jambes n'encombrent le cadre. Mais pour maîtriser un « menace arm », il ne s'agit pas tant de déployer une perche que de gérer l'effet de levier, le contrepoids et une zone de danger où personne ne devrait se tenir.

C'est un vrai travail de prise, pas un raccourci pour un mouvement rapide au-dessus de la tête. Un « menace arm » bien monté est stable, contrôlé et solidement fixé à la bonne base. Un « menace arm » mal monté a une capacité incroyable à devenir l'objet le plus cher du plateau.

À quoi sert un « Menace Arm » ?

Un bras de levage, c'est une structure en porte-à-faux qui permet d'étendre un objet au-delà de son point d'appui. La plupart des montages utilisent des rails rapides, des tuyaux ou un bras spécialement conçu, fixé à un support robuste, une base roulante ou un support à profil bas. Un contrepoids à l'arrière du bras compense la charge utile à l'avant.

L'avantage, c'est la discrétion du placement. Tu peux suspendre un luminaire au-dessus d'un îlot de cuisine, placer une caméra au-dessus d'un produit à photographier ou obtenir un angle de prise de vue plongeant tout en gardant la structure de support hors champ. En contrepartie, chaque pouce d'extension augmente l'effet de levier au niveau du pivot. Les tableaux de charge utile sont importants, mais ils ne remplacent pas un bon jugement sur l'ensemble du montage.

Pour les petits projecteurs LED et les équipements de caméra légers, un bras de suspension peut être efficace et permettre des réglages reproductibles. Pour une caméra de cinéma plus lourde, une grande boîte à lumière, un projecteur à forte puissance ou tout autre équipement placé au-dessus d'un acteur, la mise en place nécessite un chef machiniste expérimenté ou un monteur de gréement qualifié, du matériel adapté et un plan de sécurité bien défini.

Comment utiliser un « Menace Arm » : commence par le tir

Avant d'ouvrir le chariot, détermine exactement ce qui doit être suspendu. Renseigne-toi sur le poids total de la charge utile, en incluant les batteries, les supports d'enregistrement, le récepteur, l'objectif, la cage, le matériel de fixation, le câble de sécurité et tous les accessoires qui ont tendance à s'ajouter après le montage initial. Un appareil photo dont le poids annoncé est de 12 livres peut devenir un ensemble bien différent une fois qu'on y ajoute l'écran de production, la matte box, le moteur de mise au point et la plaque de batterie.

Détermine ensuite la portée nécessaire. Mesure la distance entre le point d'appui et la position de montage finale, pas seulement jusqu'au sujet. Tiens aussi compte de l'inclinaison, de la marge de mouvement en panoramique, du passage des câbles et de l'espace nécessaire pour qu'un technicien puisse effectuer des réglages précis. Si le bras doit s'étendre plus loin que prévu, ne résous pas le problème en ajoutant des contrepoids au hasard en espérant que ça marche. Revois la position du point d'appui ou choisis une autre méthode de montage.

Une bonne discussion avant le montage permet de répondre à trois questions : Qu’est-ce qui est suspendu ? À quelle distance est-ce suspendu ? Que se passe-t-il si une connexion principale venait à glisser ? Ces réponses déterminent la base, le matériau du bras, la tête, les pinces, les dispositifs de sécurité et le nombre de personnes nécessaires pour le monter.

Construire à partir de zéro

Tout commence par le support. Commence par choisir une surface plane et propre, puis sélectionne un équipement de soutien adapté à la charge et à l'effet de levier prévus. Selon la configuration, un pied à roulettes ultra-résistant, un pied combiné, un pied de studio ou un support « Menace » spécialement conçu peuvent convenir. Les pieds en C légers sont des outils pratiques, mais ils ne sont pas forcément la solution idéale pour un cantilever long et chargé.

Si tu dois déplacer l'installation, utilise une base conçue pour rouler sous charge, bloque toutes les roues et vérifie bien le parcours avant de faire voler la charge. Les sacs de sable aident à stabiliser un pied, mais ils ne remplacent pas systématiquement un contrepoids adapté ou une base aux dimensions correctes. Sur un sol irrégulier, des rampes, un revêtement mou ou des scènes bondées, la marge d'erreur diminue très vite.

Fabrique le bras avec un tuyau ou un rail droit et en bon état, et des colliers bien adaptés. Vérifie les raccords « cheeseboro », les récepteurs « junior », les goupilles, les boulons et les poignées de verrouillage avant de t'en servir. Les pièces doivent être bien en place dans leur récepteur, avec les poignées serrées dans le bon sens. Évite les raccords de fortune, les pièces moulées fissurées, les goupilles tordues et les pièces d'origine inconnue qui ont passé trois ans au fond d'un camion.

Garde le bras aussi court que le plan te le permet. Plus la portée est courte, moins il y a de force de flexion, moins il y a de contrepoids, et moins ça fait de bruit quand quelqu'un passe à côté de la caméra.

Choisis la bonne tête et le bon support

L'équipement utilisé doit être adapté à la charge utile et au réglage requis. Une petite LED peut nécessiter un récepteur à broches miniatures et un câble de sécurité. Une caméra peut nécessiter un support adapté, une tête, une interface Mitchell ou un système de tête télécommandée spécialisé. Ne suspends pas une caméra à une tête de prise de vue ou à un bras porte-accessoires prévu pour des drapeaux, des réflecteurs ou un petit éclairage d'appoint.

Dans la mesure du possible, utilise un support qui permette à l'opérateur d'effectuer les réglages de cadrage nécessaires sans desserrer la fixation structurelle principale. Si le plan nécessite des repositionnements fréquents, un bras articulé peut quand même faire l'affaire, mais il faut qu'il soit conçu pour permettre des réglages contrôlés plutôt qu'un rééquilibrage constant.

Le contrepoids, c'est une question de calcul, pas de devinette

Un bras d'équilibrage compense les moments, pas seulement les livres. Le principe de base, c'est que le poids de la charge multiplié par sa distance par rapport au pivot doit être compensé par le contrepoids multiplié par sa distance sur le bras arrière. Une charge de 10 livres à 6 pieds du pivot génère un moment de 60 pieds-livres, sans compter le bras lui-même, les fixations, les câbles et les mouvements dynamiques.

Ça veut pas dire que le simple fait de placer 10 livres à six pieds derrière le pivot rend l'installation prête à tirer. La structure de soutien doit supporter l'ensemble des forces, et le bras lui-même a un poids qui modifie le point d'équilibre. Le contrepoids doit être fixé de manière à ne pas pouvoir glisser, rouler ou être retiré par accident. Les disques d'haltères, les sacs de sable ou les poids spécifiques ne peuvent être utilisés que s'ils peuvent être solidement maintenus par le système de fixation.

Équilibre le bras petit à petit. Une fois la charge fixée et avec un assistant à tes côtés, ajoute du contrepoids par paliers contrôlés jusqu’à ce que le bras soit presque en position neutre, puis fixe bien le système. Ne relâche jamais brusquement un bras chargé juste pour voir ce qui se passe. S’il part d’un coup vers le haut, s’il tombe ou s’il faut que quelqu’un le maintienne physiquement en place, c’est que l’installation n’est pas prête.

Prévois une redondance avant que quelqu'un ne commence à travailler là-dessous

Chaque charge suspendue doit être équipée d'un dispositif de sécurité indépendant. Ça veut dire un câble de sécurité homologué, une chaîne ou un système de retenue secondaire approuvé qui ne repose pas sur le même point que la fixation principale. Le dispositif de sécurité doit être aussi court que possible tout en permettant le positionnement prévu. Des dispositifs de sécurité longs et lâches entraînent une chute plus importante et un balancement plus important en cas de défaillance de la fixation principale.

La gestion des câbles, c'est important aussi. Les câbles d'alimentation, DMX, vidéo et de commande peuvent faire bouger un projecteur ou créer une charge inattendue quand le bras bouge. Fais-les passer le long du bras en laissant assez de mou pour pouvoir les ajuster, mais ne laisse pas de câbles pendre là où ils pourraient accrocher les techniciens ou déséquilibrer l'installation.

Délimite une zone d'accès interdit sous et autour du bras pendant le montage et les réglages. Ne laisse pas les acteurs, les clients ou l'équipe passer sous une grue pendant qu'on la met en équilibre. Une fois qu'elle est verrouillée, signale le danger en hauteur aux chefs de département et veille à ce que la zone reste dégagée à chaque fois que la configuration change.

Teste le matériel avant de lancer le tournage

La vérification finale doit être minutieuse, pas juste pour la forme. Vérifie bien que toutes les pinces, tous les supports, tous les verrous, toutes les roues et tous les dispositifs de fixation du contrepoids sont bien fixés. Assure-toi que la charge est correctement installée et attachée avec un câble de sécurité. Vérifie si le bras fléchit, si le trépied bouge, si les câbles sont bien tendus, et repère tout ce qui pourrait entrer en contact avec le sujet quand le support effectue un panoramique ou que la caméra s'incline.

Demande à une personne qualifiée de faire les réglages et à une autre de surveiller quand la taille de la grue l'exige. Une foule de gens qui veulent donner un coup de main, ça ne remplace pas un système de sécurité. Si la grue sert à faire un plan avec une caméra en mouvement, teste toute l'amplitude de mouvement à faible vitesse avant que quelqu'un n'entre dans la zone de travail.

Vérifie à nouveau après la première prise, après avoir changé d'objectif ou de batterie, après avoir déplacé le pied, et après tout contact avec le dispositif de fixation. La cause de panne la plus courante, ce n'est pas la configuration d'origine. C'est plutôt un petit réglage fait après coup, parce qu'il fallait baisser la lumière de « juste deux pouces ».

Quand un « Menace Arm » n'est pas l'outil qu'il faut

Un bras « Menace » n'est pas forcément la meilleure solution pour toutes les installations en hauteur. Si la charge est lourde, si la portée est très grande, si la surface est instable ou si le dispositif doit se déplacer en continu, pense plutôt à un « goalpost », à une grille « speed-rail », à une poutre en treillis, à un dispositif de fixation au plafond, à une flèche, à une perche Fisher ou à un système de support de caméra spécialement conçu. Le bon choix dépend de la charge, des règles en vigueur sur le lieu de tournage, des points d'ancrage disponibles et du fait que la prise de vue nécessite un placement statique ou un mouvement répétable.

La location peut être une solution judicieuse quand un plan nécessite un support spécialisé, des trépieds plus grands, des têtes télécommandées ou un kit complet de prise de vue en plongée qui ne servira que pendant quelques jours de tournage. Walter Lighting & Grip peut aider les équipes à trouver le matériel de grip et les équipements de soutien de qualité professionnelle adaptés au plan en question, plutôt que d'utiliser à tout prix un équipement habituel pour un travail pour lequel il n'a pas été conçu.

Un bras de levage bien monté rend un plan en plongée difficile presque ennuyeux, et c’est exactement le but. Prends le temps de bien dimensionner la base, de calculer l’équilibre, de bien fixer chaque raccord et de t’assurer que personne ne se trouve dans la zone de chute. Même si c’est le plan le plus propre de la feuille de tournage, ça ne vaut jamais le coup de prendre des risques avec l’équipe qui se trouve en dessous.

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