Acheter son matériel de grip ou le louer : quelle est la meilleure option ?

Acheter son matériel de grip ou le louer : quelle est la meilleure option ?

Ce deuxième trépied combiné a toujours l’air pas cher, jusqu’à ce que tu doives le caser dans ta camionnette, ton atelier ou dans un coin de ton studio qui ressemble déjà à un camion de matériel d’assistance qui aurait explosé. C’est vraiment là tout l’enjeu quand tu hésites entre acheter du matériel d’assistance ou le louer. La bonne réponse est rarement une question d’idéologie. Tout est une question d’utilisation, de transport, d’usure, de risque de remplacement, et de savoir si le matériel se rentabilise entre deux tournages.

Le matériel de grip, c'est pas une catégorie unique. Une pince à 20 dollars, une pile de caisses à pommes, un système de bras de levage « Menace » et un pied à manivelle ultra-résistant, ça se compare pas dans la même discussion « acheter ou louer ». Les équipes se retrouvent dans le pétrin quand elles traitent tout le matériel de grip de la même façon. Le mieux, c'est de trier le matériel en fonction de la fréquence à laquelle il est utilisé, de la difficulté à s'en procurer à la dernière minute, et de l'impact qu'une pièce manquante peut avoir sur le déroulement de la journée.

Pour choisir entre acheter ou louer du matériel d'escalade, il faut d'abord tenir compte de l'usage que tu en feras

Si un accessoire sert à presque chaque tournage, c'est souvent celui qui le possède qui a le dernier mot. C'est particulièrement vrai pour les éléments de base qui ne coûtent pas cher par rapport au nombre de fois où ils te sauvent la mise. Pense aux trépieds en C, aux têtes de fixation, aux bras, aux sacs de sable, aux caisses « apple boxes », aux pinces Cardellini, aux pinces Mafer, aux drapeaux de base, aux « baby plates » et au matériel courant. Ce sont les outils qui accompagnent les équipes partout, des interviews aux prises de vue sur table en passant par les petits plateaux de pub. Les louer encore et encore, c’est un peu comme payer le prix d’une chambre d’hôtel pour une chaise pliante sur laquelle tu t’assois tous les jours.

Le calcul devient plus clair quand l'article a un faible taux de défaillance et qu'il est très utilisé. Un support ou une pince de bonne qualité peut rester en service pendant des années s'il n'est pas malmené. Si tu sais qu'il va sortir du stock chaque semaine, l'acheter te revient moins cher à long terme et ça te fait un poste de location en moins à gérer.

Mais l'utilisation, ce n'est pas seulement une question de fréquence. C'est aussi une question de prévisibilité. Si tu peux prévoir de manière fiable qu'un équipement sera utilisé par plusieurs clients, dans plusieurs formats et avec plusieurs équipes, ça vaut plus le coup de l'acheter. Si tu ne t'en sers que quand un directeur de la photographie en particulier te le demande ou quand un gros tournage a besoin d'un équipement spécialisé, la location est généralement la solution la plus simple.

Qu'est-ce que tu achètes d'habitude ?

La plupart des indépendants et des petites équipes de production ont tout intérêt à s'équiper des outils de base. C'est pas une insulte. Ces outils, ça permet de faire avancer les choses au quotidien.

Pour les accessoires de base de soutien et de gréement, c’est souvent mieux de les acheter, car ils ne coûtent pas cher par rapport au prix des retards. Un coupleur, une chaîne de sécurité, une goupille ou une plaque de fixation qui manque peut causer plus de problèmes de planning que ce que son prix d’achat laisse penser. C’est pareil pour les accessoires de grip qui s’usent et disparaissent avec l’usage normal. Si l’objet est courant, compact et susceptible d’être utilisé sans trop de préparation, c’est pratique de l’avoir chez toi.

Les studios et les équipes de tournage publicitaires qui reviennent souvent ont aussi tout intérêt à posséder des kits de grip standard. Si ton équipe met régulièrement en place le même dispositif d’interview, le même kit de mur cyclorama, le même support de table ou le même cadre de diffusion suspendu, ton kit de base devrait probablement rester chez toi. La familiarité, ça compte. Les équipes travaillent plus vite avec du matos qu’elles connaissent, et un kit déjà assorti, étiqueté et prêt à être chargé, ça a vraiment de la valeur.

Posséder son matériel, c'est aussi un avantage quand l'offre locale est inégale. Certains équipements spécialisés sont faciles à louer dans les grandes villes, mais super difficiles à trouver ailleurs. Si ton boulot t'amène loin des grands centres de production, acheter un kit de base fiable t'évite de devoir courir partout à la dernière minute et de devoir te contenter de solutions de secours.

Quand la location, c'est plus judicieux

La location, c'est la solution idéale quand le matos est cher, spécialisé, encombrant ou spécifique à un projet. Ça concerne généralement les grands trépieds, les systèmes de suspension spécialisés, les cadres surdimensionnés, les éléments de soutien pour les structures en treillis, les outils de mouvement sophistiqués et le matériel de niche qu'on ne sort que pour certaines installations. Si ton matos immobilise une somme importante et reste inutilisé la majeure partie du mois, tu finances en fait de la décoration de placard.

La location, c'est aussi une bonne idée quand les cycles de vie des produits changent ou que tes besoins continuent d'évoluer. Peut-être que tu te lances dans des productions en studio plus importantes, que tu ajoutes des installations contrôlées par DMX, ou que tu te lances davantage dans le montage sur voiture et la diffusion en hauteur. Avant d'investir dans un système, ça peut être judicieux de louer différentes options pour voir ce qui correspond vraiment à ton flux de travail. Plein d'équipes ont acheté l'équipement spécialisé « parfait », pour finalement se rendre compte qu'il n'était parfait que pour une seule mission en avril.

Il y a un autre aspect pratique à prendre en compte. Certains équipements coûtent cher à gérer correctement. Pas seulement à l'achat, mais aussi pour les stocker, les transporter, les inspecter, les réparer et les assurer. Les grands trépieds à roulettes, les supports spécialisés et les kits de cadres encombrants peuvent vite prendre beaucoup de place. Si les frais de stockage et l'espace dans le camion représentent des coûts réels, il faut en tenir compte dans ta décision.

Acheter son matériel d'escalade ou le louer, selon le type d'équipement

Pour t'aider à choisir entre acheter ton matos de grip ou le louer, le mieux, c'est de diviser l'ensemble en trois catégories.

Le premier panier, c'est le matos que tu utilises au quotidien. C'est ton kit de base : trépieds courants, têtes, bras, pinces, sacs, boîtes, plaques, ciseaux de base et accessoires de montage que tu utilises souvent. En général, tu achètes ces articles, car ils te servent pour tous tes boulots et te facilitent la préparation.

La deuxième catégorie, c'est le matériel adapté à l'échelle d'un projet. Ça comprend les articles dont tu as assez souvent besoin pour bien les maîtriser, mais pas assez souvent pour justifier d'en posséder plusieurs exemplaires. Il peut s'agir de jeux de disquettes plus volumineux, de trépieds plus robustes, de kits de châssis ou de supports spécialisés. Là, la bonne décision dépend de ton planning. Si la demande augmente et que les demandes de location se répètent régulièrement, l'achat peut devenir la solution la plus judicieuse.

La troisième catégorie, c'est le matos spécialisé. Pense à des installations inhabituelles, à des supports surdimensionnés ou à tout ce qui n'apparaît que quand le projet devient ambitieux et que le producteur commence à dire « Et si on pouvait aussi… ». En général, ce genre de matériel se loue, sauf si tu es un studio, une société de location ou une équipe qui réalise régulièrement ce genre de travaux spécialisés.

Les coûts cachés que les équipes oublient

Le prix d'achat, ça, c'est évident. Ce que les gens ont tendance à oublier, ce sont les frais liés à la possession du bien.

Le matos, ça demande de l'entretien. Les filetages s'abîment. Les articulations sont trop serrées. Les roues lâchent. Les pièces se perdent. Les tissus se déchirent. Les étiquettes disparaissent. Si tu as assez de matos, quelqu'un doit le vérifier et le garder prêt à l'emploi. Si ce « quelqu'un », c'est toi, ça compte quand même comme du temps passé.

Et puis, il y a le transport. Plus tu as de matos, plus tu as besoin de caisses, de chariots, d’étagères et d’espace dans ta voiture. C’est facile de se dire qu’un pied de plus, ça vaut le coup quand tu regardes la fiche produit. Ça l’est moins quand tu te retrouves à réorganiser une camionnette pleine à craquer à 5 h 15 du matin, parce qu’un pied de plus s’est transformé en quatre sacs de plus, deux adaptateurs de plus et une caisse à lait remplie de matériel « au cas où ».

Les pertes et les dégâts, ça compte aussi. C'est jamais marrant d'endommager du matériel de location, mais c'est pas mieux non plus de devoir remplacer petit à petit ton propre matériel, une pince à la fois. Sur les plateaux très animés, les petits accessoires de grip ont tendance à disparaître. Posséder son propre matériel, c'est plus pratique quand tu as un système d'étiquetage, d'emprunt et de restitution. Sinon, ton achat se transforme discrètement en un abonnement pour remplacer sans cesse les mêmes accessoires.

Les flux de trésorerie déjouent la théorie

Pour la plupart des entreprises de production, c'est moins une question de philosophie que de timing. Même si l'achat s'avère plus avantageux à long terme, la location peut quand même être la meilleure option si t'es à court de liquidités et que le projet n'est pas récurrent. Garder du capital disponible pour l'équipe, les déplacements, les assurances et les modifications demandées par le client peut être plus judicieux que d'investir tout ton budget dans du matériel qui ne servira peut-être pas de sitôt.

Par contre, si tu loues sans cesse le même kit et que tu paies des frais d'urgence parce que t'en as besoin dès demain, l'acheter peut te permettre d'économiser de l'argent et de t'épargner du stress. Beaucoup de choix pratiques en matière d'équipement se résument à cette question : est-ce que cet article va t'être suffisamment utile à plusieurs reprises pour que ça vaille le coup d'y investir de l'argent maintenant ?

Si la réponse est « oui », achète-le. Si la réponse est « peut-être », continue à le louer jusqu'à ce que la tendance soit indéniable. Le matos doit te rapporter, pas seulement être stylé dans tes tenues preppy.

Un outil pratique pour aider les acheteurs et les chefs d'équipe à prendre des décisions

Avant d'acheter, pose-toi quatre questions. Est-ce que ce matériel sera utilisé assez souvent pour que tu rentabilises ton investissement dans un délai raisonnable ? Est-il suffisamment standard pour que plusieurs clients ou équipes puissent s'en servir ? As-tu vraiment de la place pour le stocker et l'entretenir ? Et est-ce que le fait de l'avoir te permettra de travailler plus vite, de manière plus fiable ou de préparer tes missions plus facilement ?

Si tu obtiens quatre « oui », l'achat est généralement justifié. Si tu obtiens deux « oui » et deux haussements d'épaules, la location est probablement le choix le plus sûr. Ça te permet de garder une structure légère et de garder ton capital disponible pour les choses qui font vraiment grandir ton entreprise.

Pour les équipes plus importantes, il existe une approche hybride qui fonctionne bien. Garde la base fiable de ton équipement et loue les éléments complémentaires. Garde en interne le matériel de base dont tu as besoin au quotidien, puis ajoute du matériel spécialisé, des quantités supplémentaires ou des installations inhabituelles uniquement lorsque la production l'exige. C'est souvent le modèle le plus efficace, car il allie disponibilité et flexibilité. C'est aussi là qu'un fournisseur qui maîtrise à la fois la vente et la location peut vraiment t'être utile, car la décision ne se résume pas à savoir quoi acheter, mais aussi ce qu'il est judicieux de garder.

Sur un plateau, personne ne te décerne de prix pour avoir le plus de matos. Ce qui compte, c'est que l'installation soit sûre, que tout soit au complet et que la journée se déroule comme prévu. Achète le matos qui en donne à fond. Loue celui qui ne marche que de temps en temps. Le meilleur kit, c'est pas forcément le plus gros. C'est celui qui est toujours là, prêt à l'emploi.

Retour au blog